Y a plus malheureux que vous
En tant que parent, en tant qu'enseignante, je me révolte et m'adresse dans cet article non seulement aux parents mais aussi aux élèves.
Tout n'est pas un dû. Chaque effort ne doit être monnayé : récompenser un enfant parce qu'il s'est tenu tranquille en classe pendant 15 jours en lui offrant une Game Cube ou la PSP n° quarante-douze est un SCANDALE ! Travailler en classe, respecter les autres font partie des DEVOIRS de l'enfant. Parents, si vous voulez récompenser votre enfant, ne le faites pas dans l'exagération. Il est essentiel d'apprendre que dans la VRAIE vie tout effort n'est pas forcément récompensé, que tout ne se monnaie pas. Arrêtez d'être dépendants de la société de consommation et agissez avec le coeur. Dire à son enfant : "Je suis fier de toi" vaut tout l'or du monde.
Un enfant doit apprendre à se responsabiliser. Avec les années, les élèves semblent de plus en plus passifs, inadaptés à l'effort : nourriture à volonté (pourcentage d'obésité en hausse inquiétante), jouets et jeux en surnombre (ce qui peut provoquer des angoisses chez l'enfant), suractivités extra-scolaires (essentiel d'apprendre à s'ennuyer et à s'occuper soi-même), omniprésence du virtuel (fuite de la réalité, aucune prise de responsabilité dans la réalité et manque d'action réelle), cours intensifs à domicile à outrance (pourquoi faire des efforts en classe ?). IL FAUT SAVOIR DIRE NON aux enfants ! La frustration est un passage sine qua non de l'éducation. Lisez et relisez Dolto, Rufo, etc.
Papa, maman sont séparés ? Attention à la manipulation de chaque partie : de l'enfant en premier. Parents, arrêtons de culpabiliser et d'être culpabilisés par l'entourage (scolaire, familial). Il vaut mieux des parents séparés que le spectacle quotidien d'un couple qui ne s'aime plus, qui se déchire. Personne n'est parfait, ne compensons pas par des cadeaux démesurés pour combler une absence. Et allez voir ce lien.
La violence au sein d'une famille
A. Définition de la violence
Le site Wikipedia propose une définition générale : "la violence est un terme général employé pour décrire un comportement agressif, non amical, non pacifiste, belligérant, ennemi, autrement dit qui est une contrainte imposée, qui provoque la douleur, la peine."
Le ministère de la justice canadienne donne des précisions : "L'expression « violence envers les enfants » renvoie à la violence, la maltraitance ou la négligence qu'un enfant ou un adolescent peut vivre alors qu'il est à la garde d'une personne de confiance ou dont il dépend, comme un parent, un frère ou une sœur, un autre membre de la famille, un intervenant ou un gardien. La violence peut avoir lieu n'importe où et se produire, par exemple, dans la maison de l'enfant ou dans celle d'une personne connue de l'enfant."
Alice MILLER est de toutes façons incontournable : "Les humiliations, les coups, les gifles, la tromperie, l’exploitation sexuelle, la moquerie, la négligence etc. sont des formes de maltraitances parce qu’ils blessent l’intégrité et la dignité de l’enfant, même si les effets ne sont pas visibles de suite."
La violence peut venir également de l'enfant : lorsqu'un enfant fait preuve de conduite agressive envers un parent ou d'autres enfants du foyer.
B. Caractéristiques de la violence
Pour la violence envers l'enfant nous allons retenir essentiellement la violence physique, la violence sexuelle et l'exploitation, la négligence et la violence psychologique, sachant qu'un agresseur peut conjuguer plusieurs modes de violence.
Quant à l'enfant violent, il se manifeste par une attitude malveillante, irrespectueuse et non excusable. Ce comportement est malsain pour les autres enfants du foyer et peut s'étendre à l'extérieur, par exemple à l'école.
C. L'enfant battu ou le syndrôme de Silverman
Les causes de la violence sont multiples : 
- l'hérédité : un parent maltraité dans son enfance battra son enfant ;
- le manque d'information : les coups donnés aux enfants ne sont pas considérés comme violents mais comme appartenant à une forme d'écudation ;
- les conditions sociales : le chômage, l'alccolisme, le stress poussent certains parents à commettre des actes de violence envers leurs enfants. L’Association suisse pour la protection de l’enfant sait que de nombreux parents ne frappent pas par conviction mais parce qu’ils sont dépassés ou stressés, qu’ils se sentent démunis. Cela ne justifie rien. Mais les parents devraient avoir l’occasion d’apprendre à fixer des limites sans violence et à éduquer leurs enfants sans recourir à la violence."
- la génétique : il semblerait que les gens particulièrement violents seraient dénués de toute sensibilité tant au niveau de l'épiderme qu'au niveau du cerveau (familièrement il leur manquerait une case !) et exprimeraient leur tension excessive par l'agressivité.
"Pourquoi la violence devrait-elle être admise envers les maillons les plus faibles de la société – les enfants ? Pourquoi les adultes qui leur servent de modèles devraient-ils montrer aux enfants qu’il est légitime de transgresser des limites tant qu’on tient les commandes ? Pourquoi le droit à l’intégrité (physique) ne serait-il plus valable pour les enfants ?"
D. Et quand l'enfant est agresseur
Il faut se faire à l'idée que les enfants sont le reflet du comportement de leurs propres parents : s'ils ont reçu des coups, ils auront tendance à les rendre à l'adolescence. C'est un fait incontournable : la violence est transmise de génération en génération. De là à croire que c'est une nouveauté... Lisez ou relisez l'oeuvre deZola, romancier naturaliste du XIXe siècle (Le naturalisme consiste en fait en la recherche des causes du vice dans l'hérédité) et vous aurez l'illustration même de cette affirmation. Les parents sont les référents de l'enfant, il ne faut donc pas que les enfants apprennent que la violence est le moyen de résoudre les conflits.
Il faut donc à tout prix éviter que les enfants aient des modèles qui frappent.
Toujours l'Association suisse... "Les coups, même les gifles dont on dit qu’elles n’ont jamais fait de mal à un enfant, font passer aux enfants le message suivant : on ne les accepte pas comme ils sont. De ce fait, ils ne peuvent pas avoir confiance en autrui et développer leur confiance en soi. Ils doivent essayer de compenser leurs faiblesses psychiques par la force physique. Chez les enfants qui ont tendance à frapper ou à être violents d’une quelconque manière, la violence exprime l’insécurité et une faible estime de soi. Si l’on veut que les enfants deviennent des adultes qui inspirent confiance, il s’agit d’aller au-devant d’eux avec respect et non pas avec violence."
E. Sources
- Alice MILLER
- le syndrôme de Silverman
- Association suisse pour la protection de l'enfant
- les criminels violents
- la justice canadienne




